1 877 686.5194

Les enjeux de l’immigration dans le cadre des élections provinciales de 2026 au Québec.

Élections provinciales 2026

Les enjeux de l’immigration au Québec

Tour d’horizon des positions des cinq principales formations politiques dans la course vers le scrutin du 5 octobre.


Alors que la province fait face à une crise du logement aiguë et à de fortes pressions sur ses infrastructures publiques (santé, éducation, francisation), les cinq principales formations politiques proposent des visions fondamentalement divergentes. Entre la volonté de rupture par la baisse drastique des seuils et le plaidoyer pour une régularisation humanitaire et économique, le débat cristallise deux conceptions de la capacité d’accueil du Québec.

Voici un tour d’horizon complet des positions et des engagements de chaque parti dans la course vers le scrutin du 5 octobre.

1.Coalition Avenir Québec (CAQ)
La continuité et le bras de fer avec Ottawa

Menée par l’équipe de Christine Fréchette, la Coalition Avenir Québec maintient sa ligne axée sur la prudence, après un mandat marqué par de vives tensions avec le gouvernement fédéral au sujet de l’immigration temporaire.

  • Seuils d’immigration permanente : la CAQ propose de maintenir le plafond actuel à 45 000 immigrants permanents par année jusqu’en 2029.
  • Immigration temporaire : le parti au pouvoir continue de marteler que le volume actuel de résidents non permanents est trop élevé. Bien qu’il refuse de planifier une économie entièrement étatique, il exige d’Ottawa une réduction globale des volumes pour alléger le fardeau sur le logement et les services publics.
  • Intégration et langue : la CAQ conditionne le succès de l’immigration à une maîtrise stricte du français dès l’arrivée, justifiant son refus d’augmenter les seuils par la préservation de l’identité francophone.

2.Parti Québécois (PQ)
La baisse drastique et la souveraineté

Le parti souverainiste de Paul St-Pierre Plamondon adopte la posture la plus restrictive de la campagne, liant directement la crise des infrastructures à l’explosion récente des seuils migratoires.

  • Seuils d’immigration permanente : le PQ propose de sabrer les admissions en fixant un maximum de 35 000 résidents permanents par an, soit une baisse de près de la moitié par rapport à la moyenne des quatre dernières années.
  • Immigration temporaire : le PQ s’engage à réduire au moins de moitié l’immigration temporaire pour atteindre une cible stricte de 250 000 à 300 000 résidents non permanents d’ici la fin d’un premier mandat, assortie d’un moratoire sur certaines catégories.
  • Mesures phares : le parti souhaite revoir la structure du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) tout en évoquant une clause de droits acquis pour protéger les travailleurs déjà recrutés en région. À terme, le PQ rappelle que seule l’indépendance permettra au Québec d’obtenir la pleine maîtrise de ses frontières.

3.Parti Libéral du Québec (PLQ)
La flexibilité économique et la régionalisation

Sous la direction de Charles Milliard, le Parti Libéral du Québec mise sur une approche pragmatique, traditionnellement plus ouverte à l’immigration pour répondre à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe les entreprises.

  • Seuils d’immigration permanente : le PLQ se distingue en proposant une approche modulable avec une fourchette oscillant entre 45 000 et 70 000 personnes par année. Le seuil exact serait ajusté d’année en année selon des indicateurs précis de la capacité d’accueil réelle de l’État (logements disponibles, places en garderies, etc.).
  • Immigration temporaire : tout en reconnaissant l’apport économique des travailleurs temporaires, le PLQ réclame lui aussi le rapatriement des pouvoirs de l’immigration temporaire de la part d’Ottawa afin de mieux arrimer les permis aux besoins du marché local.
  • Électorat : le parti continue de capitaliser sur un fort appui historique auprès des communautés culturelles et des nouveaux arrivants, particulièrement dans la région métropolitaine et ses couronnes.

4.Québec Solidaire (QS)
L’approche humanitaire et l’accueil digne

Porté par sa co-porte-parole Ruba Ghazal, Québec solidaire s’oppose fermement aux discours qui font des immigrants les boucs émissaires des crises systémiques de la province.

  • Seuils d’immigration permanente : QS propose le seuil le plus élevé de l’échiquier politique, soit 70 000 nouveaux arrivants par année.
  • Immigration temporaire et statut : le parti exige l’abolition des permis de travail fermés, qu’il juge abusifs pour les travailleurs, et demande à Ottawa de faciliter leur transition vers la résidence permanente. QS plaide pour une gestion bienveillante et humaine des demandeurs d’asile.
  • Régionalisation : le parti propose de relancer massivement le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) en créant un volet spécifique pour les régions, offrant la résidence permanente aux personnes s’engageant à s’établir hors des grands centres pendant au moins trois ans.

5.Parti Conservateur du Québec (PCQ)
Décentralisation et sélection par les valeurs

Éric Duhaime et le Parti Conservateur du Québec ont récemment dévoilé une plateforme d’immigration misant sur la régionalisation et un resserrement idéologique, dénonçant ce qu’ils qualifient d’« immigration incontrôlée ».

  • Sélection géographique et démocratique : le PCQ propose une mesure inédite : favoriser prioritairement les immigrants issus de pays « démocratiques » ou respectant des indices stricts concernant les droits des femmes et des minorités sexuelles (sur la base d’index universitaires internationaux). Le parti souhaite également un test des valeurs québécoises beaucoup plus sélectif.
  • Gestion des demandeurs d’asile : le parti propose de couper le panier de services publics offerts aux demandeurs d’asile, notamment en sabrant l’accès à l’aide juridique gratuite, en imposant une contribution financière pour l’hébergement temporaire et en priorisant les citoyens pour les garderies subventionnées.
  • Régionalisation : le PCQ veut retirer la centralisation de la planification à Québec pour la confier aux régions via des tables locales, afin de s’assurer que l’immigration économique réponde exclusivement aux besoins urgents des PME locales.

Tableau comparatif des seuils d’immigration permanente proposés

Parti politiqueSeuil annuel proposéCoalition Avenir Québec (CAQ)45 000 (statu quo jusqu’en 2029)Continuité, arrimage au français et réduction des temporaires.Québec Solidaire (QS)70 000Ouverture humanitaire, régionalisation et droits des travailleurs.
Parti politique Seuil annuel proposé (résidents permanents) Orientation principale
Parti Québécois (PQ) 35 000 (maximum) Réduction drastique, moratoire et protection linguistique.
Coalition Avenir Québec (CAQ) 45 000 (statu quo jusqu’en 2029) Continuité, arrimage au français et réduction des temporaires.
Parti Libéral du Québec (PLQ) 45 000 à 70 000 (variable) Flexibilité selon la capacité d’accueil et les besoins des entreprises.
Québec Solidaire (QS) 70 000 Ouverture humanitaire, régionalisation et droits des travailleurs.
Parti Conservateur du Québec (PCQ) Non chiffré globalement (priorité réduction) Sélection par les pays démocratiques et baisse des services aux demandeurs d’asile.

Le 5 octobre prochain, les électeurs québécois trancheront donc entre cinq visions claires : celle du repli stratégique pour sauvegarder les services publics, celle d’un équilibre pragmatique axé sur l’économie, ou celle de la solidarité internationale et de l’intégration régionale.

 

Vous avez des questions ?

contactez-nous